Savez-vous ce qu'est un arsenal ?


Un arsenal est " un enclos où est compris un port de mer appartenant au gouvernement, où il tient ses vaisseaux, et tout ce qui est propre à les construire, à les conserver, à les armer, les désarmer, les radouber". Aux termes de cette définition donnée par l'Encyclopédie Marine de 1783, ainsi, Lorient n'apparaît pas, aux yeux des contemporains, comme un arsenal stricto-sensu. Ce mot "appartient privativement de la marine du Roy, parce que le mot Arsenal présente une idée de guerre, entraîne et renferme l'idée d'une autorité, d'un pouvoir d'attaquer, annonce des forces destructives. On dit... l'Arsenal de Toulon, l'Arsenal de Brest, et seulement le port de l'Orient... ".

 

 

La naissance du modèle d'arsenal


Le modèle d'arsenal remonte aux temps de la vieille marine en bois, temps où la construction navale était un art ; un art difficile, car les moyens techniques et technologiques étaient bien sommaires. Seule l'expérience et un sens aiguisé des volumes permettaient aux Maîtres charpentiers de connaître la réussite dans leur réalisation, malgré parfois, des échecs lourds de conséquence.
Dès 1670, sous le règne de Louis XIV, les règlements royaux tendent à rationaliser et uniformiser chaque grand type de vaisseau, sur base des caractéristiques jugées par l'expérience, les plus adaptées aux qualités nautiques recherchées. C'est ainsi que naquit en France, le modélisme d'arsenal qui existait déjà en Angleterre sous le règne de Charles 1er.

Le 31 octobre 1678, en effet, Louis XIV remit une ordonnance à COLBERT, qui précisait.

" ...L'intention du Roi est qu'il soit fait, en chaque arsenal, des modèles en petits des vaisseaux de chacun des cinq rangs, dans lesquels les mesures seront réduites au 1/12e ou au 1/20e de toutes leurs proportions et mesures. Il faudra que ces modèles soient faits avec autant d'exactitude et de justesse qu'ils servent perpétuellement pour les mesures et proportions à tous les vaisseaux qui seront construits dans l'avenir..."

Cette tradition de construire des modèles en réduction dans les arsenaux de marine s'est perpétuée en France comme en Angleterre, malgré quelque éclipse, jusqu'au 19e siècle. Ces modèles en réductions avaient un but didactique évident. Le but premier était de matérialiser des formes de carène qui devaient être soumises à l'examen des conseils de construction, chapeautés par des officiers supérieurs, Amiraux, Vice et Contre Amiraux des Armées Navales. Très vite, un deuxième but se fit jour : celui de familiariser les apprentis Maître constructeurs avec les différentes pièces d'une charpente en bois dont la complexité et la robustesse étaient obligatoire pour résister aux mouvements parfois furieux de la mer mais qui devait rester suffisamment légère pour ne pas compromettre les qualités nautiques du vaisseau.


Avec les progrès de la science et des techniques, l'art de construire une charpente en bois suivant l'ancienne tradition se perdit dans les arsenaux de marine. Il ne fut plus exercé que dans les petits chantiers artisanaux, s'occupant de la pêche et de la plaisance ; puis avec les plastiques et l'aluminium, tomba petit à petit en désuétude. Au cours de ces dernières années cependant, un homme passionné d'archéologie navale, se chargea de faire resurgir du passé, ce savoir pratiquement oublié, en le mettant à la portée de tous les amateurs de l'ancienne marine. C'est homme, c'est Jean Boudriot. Il est Français et a consacrés plus de 60 ans de sa vie à étudier tous les aspects de la construction navale classique. En 1975, il publie son premier ouvrage sur le sujet. C'est d'abord l'étude de la charpente d'un vaisseau de ligne de la fin de l'ancien régime ; puis viennent l'étude des aménagements intérieurs, de la mâture et du gréement, du décor et de l'artillerie ; puis celle du mouvement et de la manœuvre du vaisseau. Succède à cela, une suite de monographies, consacrées à la plupart des navires existants au cours de la 2e moitié du 18e siècle, qui complète ainsi, une source de renseignements exceptionnelle, mise à la disposition du grand public. L'engouement pour ces ouvrages est immédiat. De nombreux modélistes s'attachent à cet auteur remarquable et s'appliquent à reproduire à petite échelle, le contenu graphique et littéraire de l'œuvre de Jean Boudriot.


Cette forme de modélisme devient en quelque sorte le modélisme d'arsenal tel qu'il se pratiquait dans les arsenaux de marine. C'est ce modélisme que je montre et essaye de communique depuis 1965 aux diverses expositions à travers la Belgique, la France La Hollande L'Allemagne Le Tchécoslovaquie ce beau modélisme de haut niveau, c'est aussi celui-là que j'apprenais aux amis du Modèle d'Arsenal.

 

 

Qu'est-ce qu'un modèle d'amirauté ou d'arsenal ?


Un modèle d'arsenal est un modèle ayant rigoureusement le même aspect, le même ajustement dans ses assemblages que le bâtiment qu'il reproduit, non seulement en ce qui concerne l'aspect extérieur, mais aussi toutes les membrures, toutes les pièces d'équipements intérieurs et extérieurs, ainsi que tous les éléments de décoration, sculptures etc. Voilà pourquoi, généralement, le modèle d'arsenal n'est pas peint, montrer les modes d'assemblages des différentes pièces qui composent le vaisseau.


Le 18e siècle, apogée de ces majestueux navires, reflète parfaitement la science et la maîtrise des maîtres de la hache. Ces grands navires sont des œuvres considérables, véritables monuments de charpente. On est surpris que des hommes aient eu l'audace de les entreprendre.


Caractéristiques attendues du modèle d’arsenal

 

Peut-être est-il utile de préciser, ce qu’il faut entendre par modélisme d’arsenal.
La meilleure des références de ce modélisme est assurément le modèle d’un 74 canons, construit par Augustin Pic et conservé au Palais de Chaillot à Paris. Bien que non gréé, ce modèle est un des meilleurs exemples d’une démonstration savante de la construction navale de l’époque réalisé avec un soin particulier, mais aussi avec un goût très rare.
Citons aussi le modèle de l’ARTESIEN, vaisseau de 64 canons, remarquable tant pour la coque et l’accastillage, que pour le gréement.
Ceci vaut bien sûr pour la manière, étant entendu que ces références font abstraction d’une évolution chronologique indispensablement respectable. Ces références n’impliquent pas l’obligation de traiter un modèle dans son entier, les études approfondies et détaillées démontrant savamment l’assemblage de pièces de charpente, constituant des parties complexes du bâtiment, sont souhaitables.
Ceci s’applique au fonctionnement mécanique des parties mobiles, qui jouent un rôle dans la manoeuvre du vaisseau (cabestan, gouvernail, pompes, jeu de mâts supérieurs, etc.) cette notion n’étant pas restrictive.

Quelle que soit la pièce présentée, il importe qu’elle le soit de manière à ce que le détail ne soit pas éludé, tout en admettant qu’il soit simplement évoqué, avec toute l’exactitude désirée.

Il s’agit donc de choisir en fonction des pièces étudiées, une échelle appropriée en facilitant l’examen. La miniaturisation à outrance regardée comme une fin en soi est à proscrire.

Ceci nous amène à admettre certaines conventions. Convention par exemple au niveau des peintures. Il va sans dire, que les vaisseaux de l’ancien régime recevaient la protection d’enduit, de goudron et de peintures diverses. Il appartiendra au modéliste de traiter son sujet de la façon la plus convenable, les modèles laissés en bois naturel conservant une nudité qui dévoile toute la finesse du travail d’ajustage, bien que cette manière de faire ne soit pas conforme à la réalité. Lorsqu’il sera fait usage de peintures, celles-ci, en l'absence d’autres indications vérifiables, feront référence à la palette de couleur, livrée par Jean Boudriot dans chacune de ses monographies, cet usage faisant appel de toute manière au bon goût et à l’harmonie. Dans le cas ou le modèle serait laissé en bois naturel, il peut être recouru à différentes essences, de manière à faire apparaître certaines pièces fondamentales ou simplement l’opposition entre le chêne et le sapin. Le modéliste veillera toutefois à ce que ces oppositions restent subtiles et harmonieuses, proscrivant de toute manière, les essences présentant des fibres ou une fleur disproportionnées par rapport à l’échelle. Il faut éviter certains bois nobles, en échange de bois fruitiers tel que le noyer, le poirier, le cerisier, ou encore le pommier et le prunier. Le tilleul, quoique étranger à cette classification, s’indique lui aussi pour ses qualités.
Ces remarques s’adressent également à la mâture, quant au choix des essences et l’adoption ou non de la peinture, tout en veillant toutefois à ce que l’aspect du gréement, du pouliage et de la voilure soit bien le reflet de la réalité.

Ce genre de convention s’applique aussi à la présentation de l’artillerie, généralement toute de fer au 18e siècle, mais également de bronze au 17e siècle. Cette artillerie pourra être en bronze naturel, cette teinte s’accordant avec bonheur aux couleurs chaudes des boiseries apparentes, mais le recours aux patines donnant le meilleur aspect du bronze oxydé ou de fer peint de noir seront accueillies avec satisfaction. Ceci vaut pour les innombrables éléments métalliques, qui parsèment le vaisseau tout en se gardant bien de donner un aspect trop clinquant.

 

Les astuces d'arthur

 

les cordages

la roue de barre

Le cabestan